Juda ! c’est ainsi que l’on devrait appeler certains sextoys car si le plaisir est bien au rendez vous dans l’instant, le traitre objet pourrait distiller à votre insu son venin pernicieux qui se révèlerait à vous bien plus tard comme une malédiction. Laissons là le ton humoristique et revenons au thème plus sérieux qui nous préoccupe : les phtalates.
Tout le monde en parle et s’en inquiète mais de quoi s’agit-il ? Les phtalates sont un groupe de produits chimiques utilisés dans l’industrie lourde comme dans les produits de consommation courante depuis plus de 50 ans. Ces additifs ont pour caractéristique principale de rendre les matières plastiques auxquelles ils sont associés plus souples et plus flexibles, d’où leur utilisation dans bon nombre de sextoys.

Alors pourquoi tant d’histoires ? Eh bien parce que, comme à l’accoutumée, faute d’informations fiables et de transparence des industriels (aucune législation n’impose de mentionner l’existence de phtalates dans la composition des produits) et parce que les différentes autorités ou instituts de recherche sanitaire ont des avis divergents, le doute s’installe et avec lui son cortège de rumeurs plus ou moins fondées. Et pour cause, lors d’études menées en laboratoires sur des animaux (et en particulier le rat), il s’avère que sur ces animaux, les phtalates perturbent le système endocrinien et sont à l’origine de tumeurs, de maladies du foie, d’une perte significative de fertilité, allant parfois jusqu’à causer des malformations des fœtus ou des retards de croissance.
Omniprésents dans notre environnement quotidien, les phtalates qui ne sont pas liés aux matières plastiques auxquelles ils sont associés (mais seulement dissous), peuvent s’en libérer et être assimilés par notre organisme par voies respiratoires, par contact avec la peau ou par ingestion via les aliments dont ils ont constitué les emballages. Le contact cutané peut s’avérer nocif pour les consommateurs si la concentration en phtalates est élevée.

Ainsi, une étude dirigée par le professeur français René Habert de l’Unité Mixte de recherche Gamétognèse et Génotoxicité Inserm-Cea a permis de mettre en évidence en septembre 2008 que les phtalates, retrouvés dans les plastiques entravent la mise en place du potentiel reproducteur masculin dans l’espèce humaine. Cette recherche a été publiée la revue Environmental Health Perspectives et constitue une première mondiale dans la mesure où elle apporte la preuve de la toxicité des phtalates.
De même en octobre 2008, une étude de l’Agence danoise pour la protection de l’environnement a révélé la présence de divers phtalates dans les fournitures scolaires – notamment les gommes – et a indiqué que certaines d’entre elles pourraient présenter des risques pour la santé, dans le cas où les enfants les sucent et les mâchonnent régulièrement.
On précisera toutefois que depuis 1999, l’Union Européenne a prononcé l’interdiction temporaire (mais toujours renouvelée par prudence) des phtalates dans les jouets à mordre ou à sucer pour les enfants de moins de 3 ans.
Le cas est encore sujet à controverses mais une chose est sure : d’une part, la toxicité des phtalates chez les animaux de laboratoire a bel et bien été démontrée, y compris chez l’homme en matière de fertilité et de reproduction, et d’autre part, nous disposons, face à ce nouveau danger potentiel, de bien peu de recul, non pas seulement sur leur dangerosité immédiate mais sur l’incidence de leur accumulation dans notre organisme tant leur présence est importante dans notre environnement.
Alors loin de toute paranoïa, et au nom du sacro-saint principe de précaution, dans votre quête du plaisir, pensez à privilégier aussi votre santé. Loin des effets de mode ou d’annonces, certains fabricants l’ont d’ailleurs déjà anticipé pour vous et ne produisent désormais plus que des sextoys sans phtalate. A vous de jouer…







